Il y a tout de même de l'espoir


Le premier Mars à 20H40 on passait sur la cinquième chaîne le film Elephant Man qui retraçait l'histoire vraie d'un homme qui vivait à Londres il y a une centaine d'années. Il était horriblement déformé par maladie (neurofibromatose). Un triste individu l'exhibait dans une baraque foraine. Le film reflétait très bien la bêtise humaine.

On appelait tous ceux qui avaient des malformations graves, il n'y a pas si longtemps, des monstres. Il y a 60 ou 40 ans, on ne voyait pas beaucoup de handicapés dans les rues, on les regardait comme des bêtes curieuses.

Un adolescent IMC - si vous voulez, nous l'appellerons par son prénom, Henri - habitait à cette époque la région parisienne. Entre 16 et 20 ans il n'aimait pas sortir, car il avait l'impression que tous les regards se posaient sur lui ; cela le rendait sauvage. Heureusement ses parents l'emmenaient en promenade et l'encourageaient à se montrer en public.

En 1987, une famille partageait 15 jours de vacances avec quatre handicapés dont Henri faisait partie. Il avait à ce moment là 68 ans. Il y avait dans cette famille plusieurs enfants. Un après-midi, une vénérable vieille dame invita tout le monde chez elle. Elle offrit des gâteaux à ses hôtes tout en leur parlant du temps poussiéreux des colonies. Quelque temps après une personne répéta les réflexions que la dame lui avait fait : elle craignait que les enfants soient traumatisés à la vue des handicapés... mais les gamins ne faisaient pas attention aux handicaps des quatre personnes !

Les choses évoluent, car maintenant on voit circuler dans les gares des personnes en fauteuil roulant. La compagnie des chemins de fer a fait des efforts pour faciliter les voyages à ceux qui sont paralysés. Aux changements de lignes, les employés viennent pour prendre la personne et ses bagages et la remettre dans l'autre train pour lui permettre de poursuivre son voyage.

Le collège public Trémollière de la ville de Cholet est fréquenté par quelques enfants en fauteuil. Il y a un problème d'accessibilité ; cet établissement n'a pas d'ascenseur et certains cours se font dans des salles qui sont situées en étage. Les élèves et le corps enseignant demandaient depuis longtemps qu'on installe un ascenseur pour leurs camarades handicapés. Au mois de Mars ils manifestèrent. Le conseil général leur promit de prendre les mesures nécessaires.

Plus les handicapés sortiront, plus les gens s'habitueront à avoir des contacts avec eux. Ce sera encore long pour l'intégration des handicapés dans la société. Espérons que cela se réalisera le plus vite possible.

René Chausboeuf alias Papy Pop