Post Scriptum


28 avril 94

Cher René

Il y a 6 semaines que j'ai bien reçu ta lettre. Tu m'as demandé d'écrire un article sur mon travail auprès d'handicapés mentaux.

Ca fait 4 ans que je travaille dans une maison d'handicapés mentaux. Il y a 16 habitants dans cette maison : 9 habitants dans un groupe, 7 habitants ont chacun un studio (qui est composé d'une chambre et une cuisine ; on prépare soi-même son repas, on fait soi-même le ménage...). Trois quarts des personnes sont légèrement handicapées, un quart est moyennement. Une condition pour y habiter est que l'on ait du travail. 15 personnes travaillent dans un atelier protégé et une personne chez un marchand de meubles.

Mon travail en tant qu'accompagnateur consiste à créer une atmosphère familiale. Aussi aidons-nous les personnes dans leur devoir. Ainsi il y a un système de tour de rôle pour faire la cuisine. Chaque jour quelqu'un d'autre fait la cuisine vaisselle. Le principe c'est eux-mêmes qui font le travail et nous aidons. Avec quelques-uns c'est plutôt le contraire, c'est nous qui faisons la plupart du travail.

Le but de notre travail est aussi d'intégrer les personnes handicapées le plus possible dans la vie du quartier. Ceci n'est pas facile parce que ces personnes ont moins de capacités pour établir des contacts et les gens "normaux" ne font pas beaucoup d'efforts pour accepter quelqu'un avec un handicap mental dans leur organisation ou leur club.

Moi, j'aime bien ce travail, bien que je n'ai jamais eu une formation pour faire ça. Le principal c'est la patience je crois. Il faut en avoir pas mal, car beaucoup de choses ne vont pas comme on le souhaiterait. Mais chaque fois il faut vouloir recommencer.

Chaque semaine il y a une réunion pour tous les habitants. Chacun peut exprimer ses désirs et ses questions. C'est aussi le moment pour partager les tâches de la prochaine semaine.

En tout on est 8 accompagnateurs, dont quelques-uns à mi-temps. Normalement cela est suffisant, mais en temps turbulent ça est peut-être juste. Enfin, dans notre maison on n'a pas à se plaindre.

Voilà quelques informations de mon travail. J'espère qu'elles ont donné un peu plus de clarté dans le travail que je fais.

Johan,