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HUGO BAILLOT - Publié le 16/03/2022

Ils se battent pour les droits des personnes handicapées


L’association Globe Handicaps milite pour défendre les droits des personnes en situation de handicap dans le Boulonnais. L’accessibilité des commerces ainsi que la problématique du logement adapté demeurent les chantiers principaux.



Vue de la salle


« Il reste encore beaucoup de boulot ! », Christelle Ultré, présidente de l’association Globe Handicaps, ne croit pas si bien dire. Réunie en assemblée générale dans la maison des associations d’Outreau, la dizaine de membres de l’association présents écoute religieusement Pierre Leflon, secrétaire de l’association, faire le bilan de l’année écoulée. « En 2021, on aurait pu s’attendre à une année creuse, mais ça a été l’année où tous nos projets se sont concrétisés », se félicite Pierre Leflon.


Un annuaire en ligne des commerces adaptés



Le premier champ de bataille : la réalisation d’un annuaire recensant les établissements recevant du public (ERP) de Boulogne concernant leur accessibilité aux personnes à mobilité réduite (PMR), en convention avec la mairie. D’ici septembre 2022, les bénévoles de l’association doivent se rendre dans plus de 80 établissements de la ville, pour tester si leurs locaux sont accessibles aux personnes à fauteuil roulant. « L’objectif final est de recenser tous ces commerces sur un site Internet », indique le secrétaire de l’association.
En 2019, 77 commerces de l’hyper centre avaient été testés par l’association. Parmi eux, seulement 43 permettaient l’accueil d’une personne à fauteuil roulant. « Alors que selon la loi de 2015 (NLDR : relative à l’accessibilité des EPR pour les PMR), ils devraient tous être accessible », peste Pierre Leflon, qui fustige les commerces boulonnais « qui se disent aux normes, mais ne respectent pas les plans ». Le secrétaire de l’association envisage des dépôts de plainte pour les enseignes concernées.
Si des efforts restent à fournir à Boulogne, tout n’est pas à jeter. Le 3 décembre dernier, l’association a organisé une journée de sensibilisation au handicap pour les personnels de la compagnie de bus Marinéo. Une manifestation « réussie », le personnel de la compagnie de transport étant « à l’écoute » des remarques des usagers. Sur le domaine public, Pierre Leflon vante les berges de la Liane « parfaitement adaptées aux PMR » mais nuance : « Elles ne sont par contre pas du tout adaptées aux personnes déficientes visuellement. Il n’y a aucune indication, pas même pour les chiens accompagnants. » L’association pousse auprès de la CAB pour la réalisation de « bandes de guidage » pour les personnes non-voyantes.
Le cas de l’accessibilité de la plage de Boulogne « pas adaptée à l’accueil des PMR, contrairement à celle du Portel, mais beaucoup de choses restent encore à faire. » Le projet du nouveau cinéma Mégarama est une bonne nouvelle pour Globe Handicaps, le cinéma Les Stars situé en centre-ville n’étant pas « facile d’accès ».


« Dans le dernier PLUI de la CAB, le mot handicap n’existait pas. »



Deuxième chantier pour Globe Handicaps, le logement : « Dans le dernier plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) de la CAB, le mot handicap n’existait pas », regrette Pierre Leflon, « seulement 1,8 % du parc social est réputé adapté aux PMR ». L’association se désole que les délais d’attente soient « deux fois plus longs » après avoir coché la case « handicap » lors de la demande d’un logement social : « Dans le Béthunois, c’est le délai d’attente est multiplié par huit, on peut s’estimer heureux », ironise Pierre Leflon.

Les adhérents témoignent



Photo de Laurent Dellis


Laurent Dellis (photo 1), 51 ans, est membre de l’association. Boulonnais, il a vécu pendant 15 ans à Aire-sur-la-Lys, avant de revenir à Boulogne il y a un an et demi « car tout est accessible, je n’ai pas besoin de ma voiture pour aller me balader ». Mais il nuance : « Il y a encore beaucoup de choses à faire, mais comparé à d’autres villes c’est beaucoup mieux. » Habitant rue du Pot d’Étain, il reconnaît que son logement est « adapté, mais il y a un problème avec l’entrée de l’immeuble ; je ne peux pas entrer ou sortir sans l’aide de quelqu’un. »

Photo de Caroline


Des détails du quotidien qui peuvent paraître anodins, mais pas pour des personnes à mobilité réduite. Caroline Delabre (photo 3), a 62 ans. Boulonnaise, elle habite au Portel depuis 2018 : « Concernant l’accessibilité des PMR à Boulogne, il y a encore beaucoup à faire. Dans la ville, les trottoirs sont parfois trop hauts. » Caroline déplore aussi des commerçants boulonnais « qui ne veulent pas changer les choses juste pour les handicapés ».




Qui dit logement, dit aussi stationnement : « Le quota des places PMR, 2 % du parc de stationnement total, est respecté à Boulogne. Mais le seul problème, c’est qu’elles sont toutes au Chemin-Vert », fustige-t-il. Les adhérents évoquent aussi la gare, « pas du tout accessible aux PMR ». Créée en 2018, l’association Globe Handicaps réunit une cinquantaine d’adhérents. Son périmètre d’action s’étend à tout le territoire du Boulonnais.