Lundi 14 mai 1990

Nous avons bivouaqué dans une petite vallée à la sortie des gorges, percée de nombreux canaux d'irrigation. Six mules se chargent des bagages, qui comprennent deux tentes collectives et les tentes de deux. Partis à 7 heures, nous traversons successivement trois villages au bord de l'eau. Le contraste est saisissant entre la caillasse environnante, et les champs fertiles, plantés d'arbres à proximité des villages. Nous sommes invités au thé dans le premier : nous franchissons une porte percée dans un mur aveugle côté rue, et débouchons dans une cour intérieure carrée, au milieu de laquelle est plantée un arbre. Après nous être déchaussés, nous pénétrons dans une grande pièce. D'un côté, un tapis et des coussins. De l'autre, percé de vitres colorées, pas de meuble. Une corbeille, un parapluie et un certificat de passage dans une mosquée constituent la seule décoration. Le maître des lieux nous montre sa carte d'identité, puis nous offre le thé avec du pain et du beurre. Après nous avoir vendu un pain et accepté quelques médicaments, il nous accompagne à l'agadir, grenier collectif du village, hélas fermé. Nous reprenons alors la route, et traversons un second village, puis un troisième. Là, nous pouvons visiter l'agadir, et certaines du groupe s'essayent au filage de la laine.

Les gamins qui nous entourent sont rappelés à l'ordre par l'instituteur. Nous attaquons une longue montée, que nous interrompons pour le pique-nique dans une zone de verdure inattendue à côté d'une tourbière. Deux gamins nous rejoignent pendant la récréation, et tenteront vainement de nous initier à quelques jeux locaux. Après le repas, nous poursuivons la montée jusqu'à un col d'où nous apercevons à la fois le Siroua enneigé, objectif du lendemain, et le bivouac où nous allons passer la nuit.

Nous le rejoignons par une descente pénible à travers la caillasse ; il se trouve au milieu d'un azib, village d'été dans lequel quelques hommes sont occupés à réparer des canaux d'irrigation et à labourer la terre. Dans la journée, nous aurons aerçu un renard et un petit scorpion. Un vent violent souffle pendant la nuit, mais ne m'empêche pas de dormir...

Mardi 15 mai 1990

Aujourd'hui, étape sportive avec au programme l'ascension du Siroua. La balade démarre tranquillement le long d'un ruisseau ; la pente s'accentue progressivement et le chemin devient caillouteux. Petite bagarre de boules de neige, avant de passer aux choses sérieuses : grimpette très raide suivie d'un passage rocheux, où l'on doit même s'encorder sur quelques mètres. Michèle est tétanisée, mais un berbère, muletier sourd et muet d'un l'autre groupe, la prend en charge et ne la quittera plus de la journée, lui faisant même pousser des ailes dans les descentes. Nous atteignons néanmoins tous le sommet du Siroua, à 3304m. Quelques traces sanguinolentes et des outils restés sur place trahissent la vocation du lieu : les Berbères y montent des moutons qu'ils sacrifient avant de les manger sur place. La vue est magnifique, quoique légèrement brouillée ; on aperçoit le sommet enneigé du Toubkal, point culminant du Maroc avec ses 4165m. Les roches ont une origine évidemment volcanique ; on y aperçoit des orgues, verticales bien sûr et parfois horizontales : dans ce cas, la tranche est oxydée et leur donne un aspect bleuté et luisant.

La descente est pénible quand il faut traverser des pierriers, agréable quand il suffit de se laisser glisser sur des névés. Nous dérangeons souvent des faucons pélerins, des perdrix et des choucas. Après avoir rejoint un petit plateau marécageux couvert d'une herbe épaisse, nous descendons dans de petites gorges, où nous faisons trempette, sauf Michèle qui prend un bain complet. Le bivouac est de l'autre côté de ces gorges, au milieu d'un azib grouillant de monde : hommes occupés à labourer avec des mules, à semer ou à entretenir des canaux d'irrigation. Quelques pommiers sont plantés dans les champs. Une partie de foot au bivouac, gagnée par les muletiers, précède le thé, le fromage... et le couscous. Nous nous couchons tôt ce soir, après un concert berbère : instrument à cordes ressemblant à un banjo, percussions (peau tendue sur un cylindre de bois, et bonbonne de gaz percutée par un mat de tente). Le hit du moment : téléphone, téléphone, téléphone....

Lundi 14 mai 1990

En avant... marche Entrée de Aït Tiga : on remet les pantalons ! Village de Aït Tiga
Départ de l'étape Entrée de Aït Tiga Aït Tiga

Nous avons bivouaqué dans une petite vallée à la sortie des gorges, percée de nombreux canaux d'irrigation. Six mules se chargent des bagages, qui comprennent deux tentes collectives et les tentes de deux. Partis à 7 heures, nous traversons successivement trois villages au bord de l'eau. Le contraste est saisissant entre la caillasse environnante, et les champs fertiles, plantés d'arbres à proximité des villages. Nous sommes invités au thé dans le premier : nous franchissons une porte percée dans un mur aveugle côté rue, et débouchons dans une cour intérieure carrée, au milieu de laquelle est plantée un arbre. Après nous être déchaussés, nous pénétrons dans une grande pièce. D'un côté, un tapis et des coussins. De l'autre, percé de vitres colorées, pas de meuble. Une corbeille, un parapluie et un certificat de passage dans une mosquée constituent la seule décoration. Le maître des lieux nous montre sa carte d'identité, puis nous offre le thé avec du pain et du beurre. Après nous avoir vendu un pain et accepté quelques médicaments, il nous accompagne à l'agadir, grenier collectif du village, hélas fermé. Nous reprenons alors la route, et traversons un second village, puis un troisième. Là, nous pouvons visiter l'agadir, et certaines du groupe s'essayent au filage de la laine.

Village de Aït Tiga Le village d'Idou Ghagh
Idou Ghagh Idou Ghagh

Les gamins qui nous entourent sont rappelés à l'ordre par l'instituteur. Nous attaquons une longue montée, que nous interrompons pour le pique-nique dans une zone de verdure inattendue à côté d'une tourbière. Deux gamins nous rejoignent pendant la récréation, et tenteront vainement de nous initier à quelques jeux locaux. Après le repas, nous poursuivons la montée jusqu'à un col d'où nous apercevons à la fois le Siroua enneigé, objectif du lendemain, et le bivouac où nous allons passer la nuit.

Rivière La table du pique-nique
Oued Aire de pique-nique

Nous le rejoignons par une descente pénible à travers la caillasse ; il se trouve au milieu d'un azib, village d'été dans lequel quelques hommes sont occupés à réparer des canaux d'irrigation et à labourer la terre. Dans la journée, nous aurons aerçu un renard et un petit scorpion. Un vent violent souffle pendant la nuit, mais ne m'empêche pas de dormir...

Azib d'Mdiot Azib d'Mdiot Campement
Azib d'Mdiot Azib d'Mdiot Campement

Mardi 15 mai 1990


Aujourd'hui, étape sportive avec au programme l'ascension du Siroua. La balade démarre tranquillement le long d'un ruisseau ; la pente s'accentue progressivement et le chemin devient caillouteux. Petite bagarre de boules de neige, avant de passer aux choses sérieuses : grimpette très raide suivie d'un passage rocheux, où l'on doit même s'encorder sur quelques mètres. Michèle est tétanisée, mais un berbère, muletier sourd et muet d'un l'autre groupe, la prend en charge et ne la quittera plus de la journée, lui faisant même pousser des ailes dans les descentes. Nous atteignons néanmoins tous le sommet du Siroua, à 3304m. Quelques traces sanguinolentes et des outils restés sur place trahissent la vocation du lieu : les Berbères y montent des moutons qu'ils sacrifient avant de les manger sur place. La vue est magnifique, quoique légèrement brouillée ; on aperçoit le sommet enneigé du Toubkal, point culminant du Maroc avec ses 4165m. Les roches ont une origine évidemment volcanique ; on y aperçoit des orgues, verticales bien sûr et parfois horizontales : dans ce cas, la tranche est oxydée et leur donne un aspect bleuté et luisant.

Pendant la montée vers le Siroua Névés sur le flanc du Siroua Au sommet du Siroua
Montée vers le Siroua Flanc du Siroua Sommet du Siroua

La descente est pénible quand il faut traverser des pierriers, agréable quand il suffit de se laisser glisser sur des névés. Nous dérangeons souvent des faucons pélerins, des perdrix et des choucas. Après avoir rejoint un petit plateau marécageux couvert d'une herbe épaisse, nous descendons dans de petites gorges, où nous faisons trempette, sauf Michèle qui prend un bain complet. Le bivouac est de l'autre côté de ces gorges, au milieu d'un azib grouillant de monde : hommes occupés à labourer avec des mules, à semer ou à entretenir des canaux d'irrigation. Quelques pommiers sont plantés dans les champs. Une partie de foot au bivouac, gagnée par les muletiers, précède le thé, le fromage... et le couscous. Nous nous couchons tôt ce soir, après un concert berbère : instrument à cordes ressemblant à un banjo, percussions (peau tendue sur un cylindre de bois, et bonbonne de gaz percutée par un mat de tente). Le hit du moment : téléphone, téléphone, téléphone....

Tikniouine Azib N'Iroïri Tiknudine
Tikniouine Azib N'Iroïri Tiknudine
De Marrakech à Tamalraout

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(C) P. Leflon ; dernière mise à jour : 09/06/2001


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